PASSÉ, SITUATION ACTUELLE, AVENIR, COMPÉTENCES, PERSONNALITÉ : LE CANDIDAT DOIT SE LIVRER ENTIÈREMENT.
LE PREMIER CONTACT AVEC L’ASSISTANTE OU LA CHARGÉE D’ACCUEIL, SIGNE RÉVÉLATEUR DU COMPORTEMENT DU CANDIDAT, EST SCRUTÉ PAR LE RECRUTEUR.

LA FRANCHISE EST LE MEILLEUR ATOUT, PARCE QUE LE RECRUTEUR PEUT TOUJOURS VÉRIFIER CERTAINES INFORMATIONS.



                            



Vous venez de décrocher un entretien d’embauche. C’est déjà un bon point d’autant que très certainement votre demande a été retenue parmi des centaines d’autres. Mais la partie est loin d’être gagnée. Bien au contraire. Il faudra passer l’étape cruciale du face-à-face avec le recruteur. Et cela risque d’être un véritable parcours du combattant car vous pouvez être amené à passer plusieurs entretiens pour une seule entreprise.
«Il faut être vigilant car j’ai vu des candidats “se lasser” d’une procédure trop longue et abandonner le processus. Et pourtant, c’est aussi un gage de sérieux que de voir une entreprise investir autant de temps pour étoffer son équipe, aussi, il faut y réfléchir à deux fois avant de baisser les bras», prévient Catherine Kozlow, responsable recrutement et conseil chez Dale Carnegie Maroc.
Pour illustration, elle raconte comment pour un de ses clients, le recrutement d’un DG a pris près d’une année et que le candidat retenu était vraiment très heureux de l’avoir décroché!
Réussir un entretien d’embauche nécessite de la patience et surtout une bonne préparation.
Qu’il soit cadre de l’entreprise ou consultant externe, la préoccupation du recruteur est la même : chercher à savoir si  vous êtes bien le profil qui correspond le mieux au poste à pourvoir. C’est que la compétence technique telle que décrite sur papier ne suffit pas. D’autres qualités humaines sont nécessaires pour convaincre votre interlocuteur. Ce dernier, dans bien des cas, cherchera à vous pousser dans vos derniers retranchements pour jauger votre degré de motivations et votre volonté de donner le meilleur de vous-même. Dans un tel contexte, il arrive parfois aux meilleurs de se montrer timorés lors d’un entretien par excès de confiance ou, le plus souvent, sous l’emprise de l’anxiété et par peur de décevoir.
Un entretien d’embauche  se prépare consciencieusement. Pour Chantal Aounil, responsable recrutement chez Bil Consulting, «les moindres détails comptent lors d’un entretien. Cela commence avant même la venue des candidats. Nous sommes en effet attentifs au dossier de candidature et à l’entretien téléphonique. Cette observation nous donne un aperçu sur sa dimension personnelle, sa motivation, la construction de son projet professionnel, sa curiosité intellectuelle…», souligne-t-elle. L’étude du dossier et les enregistrements des conversations téléphoniques permettent déjà de faire un premier tri.
Pour ceux qui ont la chance de passer cette étape, tout peut se jouer lors du premier rendez-vous. «Le premier contact est souvent important dans l’appréciation du profil du candidat», explique Mme Aounil.
Pour pouvoir discuter en toute sérénité, le candidat doit tout d’abord être ponctuel. Une poignée de minutes de retard sur l’heure convenue peut coûter cher. Notons aussi que le respect manifesté aux assistants ou standardistes est une piste privilégiée par les cabinets pour cerner la personnalité d’un candidat.
En outre, le recruteur peut se faire une idée de la personnalité du candidat au vu de sa présentation. Ici, on fait allusion, bien sûr, à l’aspect physique et vestimentaire. Rien n’est pire pour un recruteur que de se trouver devant un candidat mal habillé ou mal rasé.





Attention aux questions déconnectées de l’objet de l’entretien !

Pour éviter toute mauvaise surprise, il faudra se munir d’un certain nombre de documents essentiels : un bloc-notes avec de quoi écrire (les notes que vous prendrez pendant l’entretien serviront à en préparer d’autres). Par ailleurs, le fait de prendre des notes montre l’intérêt que vous portez à la discussion ; un CV identique à celui que vous avez envoyé, le texte de l’annonce presse s’il existe, la copie des articles, mémoire et études que vous avez publiés, un agenda, des bulletins de salaires et/ou certificats de travail délivré par le précédent employeur.
Ensuite, avant la réunion, il faudra essayer de se focaliser sur l’issue. Le stress que cela provoque constitue le premier adversaire d’un candidat. Par conséquent, une préparation psychologique est très recommandée.
Arrivent maintenant les choses sérieuses. On doit retenir que certaines questions relèvent de la logique d’embauche, alors que d’autres, parfois déconnectées de l’objet de l’entretien, ont pour but de mesurer la capacité du candidat à réagir devant un imprévu ou sortir d’une impasse. Il ne faut donc rien négliger. Tout a son importance. Préparez-vous alors à raconter votre histoire, sans aucune crainte, sachant que toutes les informations que vous communiquez sont strictement confidentielles.
Eu égard à l’importance du poste, un entretien peut durer plusieurs heures et porter sur plusieurs chapitres.
Sur le passé d’abord. Les questions du recruteur portent sur la nature de la formation, le lieu, le niveau d’études, l’expérience professionnelle…Même si toutes ces informations figurent sur le CV, elles sont toujours soulevées d’entrée. D’où l’intérêt à rester fidèle à la première version.
Sur la situation actuelle. L’employeur s’interroge toujours sur la disponibilité du postulant. Peut-il rejoindre tout de suite ou lui faut-il un délai plus ou moins long pour se libérer ? Le recruteur cherchera également des éclaircissements sur le nombre d’entreprises contactées, la durée de chômage (si le candidat est dans cette situation), la nature des propositions reçues, les prétentions salariales…
Sur l’avenir. Les interrogations portent très souvent sur les objectifs professionnels, à plus ou moins long terme.
Sur l’organisme qui recrute. Le candidat sera invité à expliquer son choix (pourquoi nous ?), ses motivations, ses projets pour l’entreprise.



Certains recruteurs préfèrent des discussions peu formalisées

Les questions les plus délicates ont cependant trait à la personne elle-même. Délicates, parce qu’il est souvent difficile d’étaler ses points forts sans retenue. Pourtant, pour se vendre, il faut bien passer par là. Ce volet est relatif aux compétences et à la personnalité.
En ce qui concerne les compétences, on peut retenir les questions suivantes : En quoi vous sentez-vous le plus compétent ? Dans quels domaines devez-vous progresser ? Pourquoi c’est vous qui êtes le plus apte pour ce poste ?
Aujourd’hui, la maîtrise de quelques langues étrangères est indispensable pour certaines fonctions. Cette question ne sera donc pas passée sous silence.
Pour ce qui est de la personnalité, le recruteur voudra en savoir un peu plus sur les loisirs ou les activités extra professionnelles. «Trop souvent, les candidats mentionnent certains hobbies sans pour autant les pratiquer. C’est négatif comme attitude», note Fouad Najeddine, DRH de Centrelec.
Pourtant, ces occupations reflètent souvent les capacités d’une personne à se gérer ou à se fondre dans un groupe. Le candidat peut aussi être interrogé sur ses qualités et ses défauts, son aptitude à assumer des responsabilités, le genre de patron ou de collaborateur avec lesquels il désire travailler, sa capacité à accepter des valeurs ou centres d’intérêt autres que les tiens. Pour bien mesurer le niveau d’ouverture du candidat, nombre de recruteurs prennent aussi plaisir à aborder l’actualité nationale ou internationale. Un cadre qui ignore tout de son environnement perd au change dès que l’on parle de réactivité.
Ces points soulevés ne sont cependant que des exemples. Il n’y a pas de questionnaire-type. Donc, il est inutile de préparer à réciter par cœur des réponses préétablies. D’ailleurs, il existe des recruteurs qui préfèrent, dans certains cas, des discussions moins formalisées pour mettre le candidat à l’aise. C’est ce qu’explique Fouad Najeddine. L’essentiel, c’est de répondre avec franchise et s’y tenir. Certaines informations peuvent être facilement vérifiées.